Cryptos unchained

Chapitre 2

Chapitre 2 : Le Monde d’après

Chapitre 2 :

Le Monde d’après

Les crypto-actifs esquissent les contours d’un monde nouveau, sous forme de triptyque.

Leur fonctionnement repose sur une alchimie entre trois ingrédients : les outils cryptographiques, les logiques de réseau et les mécanismes d’incitation économique. Pour bien comprendre les crypto-actifs, on peut s’appuyer sur trois fondamentaux :

  • la technologie blockchain ;
  • l’organisation des réseaux ;
  • les tiers de confiance.

La technologie blockchain

Elle constitue la pierre angulaire de tout crypto-actif. Si l’on entend ce mot absolument partout, son sens et ses implications ne sont que rarement compris.

Qu’a-t-elle de si particulier ?

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Comment ça marche ?

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En résumé, la blockchain n’est rien d’autre qu’une clé USB, soit un espace de stockage numérique. Sa particularité réside dans son caractère inaltérable, sa fameuse « immutabilité ».

Une fois l’information enregistrée, elle ne peut ni être supprimée ni modifiée.

Et comme nous allons le voir, cette immutabilité est au cœur du fonctionnement des cryptos.

Les dynamiques de réseau

Maintenant que nous savons comment les données sont stockées, intéressons-nous à leur gestion.

Il existe trois grandes formes d’organisation des réseaux :

Toute organisation, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un État, dépend d’un réseau pour fonctionner. Cependant, tous les réseaux ne suivent pas les mêmes règles. Les réseaux centralisés ou décentralisés sont des réseaux à accès contrôlé (ou « permissioned ») : pour y entrer ou en sortir, une autorisation est indispensable. Mais les réseaux distribués, comme ceux des crypto-actifs, sont quant à eux totalement ouverts. Prenons l’exemple d’une candidature à un emploi ou de l’adhésion à l’Union européenne : il faut faire une demande et remplir certaines conditions pour être accepté. Et pour partir ? Tout n’est pas si facile : il faut parfois fournir un préavis ou négocier (à l’image du Brexit).

À l’inverse, les réseaux distribués sont sans restriction d’accès (ou « permissionless »). Quiconque peut y entrer ou en sortir librement, sans autorisation préalable. La dimension « égalitaire » des réseaux distribués vient justement de cette ouverture totale. Pas de barrières, pas de filtrage : tout le monde joue selon les mêmes règles.

Cependant, cela implique un haut niveau de confiance. En effet, sans supervision centralisée, comment faire confiance à l’écosystème crypto dans son ensemble et à une simple transaction ? C’est là que notre dernier pilier intervient : les tiers de confiance.

Les tiers de confiance

Les tiers de confiance (ou TTP, pour « Trusted Third Parties ») sont omniprésents dans notre quotidien et nous permettent d’échanger avec de parfaits inconnus. À chaque transaction, qu’il s’agisse d’acheter un café ou d’envoyer de l’argent, un intermédiaire garantit que tout se passe comme prévu. Prenons un exemple simple.

Dans le cadre d’un transfert d’argent, Alice et Bob s’appuient sur un tiers qui va s’assurer que le second reçoit bien les fonds que la première lui doit. Les banques jouent par exemple ce rôle en fournissant un cadre sûr, indispensable quand deux inconnus n’ont aucune raison de se faire mutuellement confiance.

Les crypto-actifs reprennent le même principe : ils agissent eux aussi comme un fournisseur de confiance. Cependant, cette fois, le tiers n’est plus centralisé : il est distribué. Pour le reste, Alice et Bob peuvent interagir de la même manière que dans un système classique.

La logique des tiers de confiance distribués repose sur deux motivations principales :

Les acteurs centralisés appliquent souvent des frais importants. Par exemple, Visa et Mastercard prélèvent environ 2 % par transaction, contre seulement 0,05 % sur le réseau Bitcoin pendant la majeure partie de son existence.

Les tiers centralisés ne sont pas toujours fiables. Le cas Lehman Brothers le prouve : la banque s’est effondrée lors de la crise de 2008, alors qu’elle était soupçonnée de manipulations comptables. Ce type d’exemple met en lumière les limites des modèles de confiance centralisés.

En résumé :

Dans un système bancaire traditionnel :

  • La banque fait office d’intermédiaire
  • Les données du compte et des transactions sont stockées sur les serveurs de la banque
  • La banque a la main sur votre compte (blocage, gel des fonds, etc.)

Avec les transactions de cryptos :

  • C’est la blockchain elle-même qui fait office d’intermédiaire
  • Les données sont réparties sur l’ensemble des nœuds du réseau distribué, et non sur un seul serveur
  • Chaque participant détient une copie complète de la blockchain
  • La blockchain étant inaltérable, personne ne peut en modifier les données

Les crypto-actifs offrent un cadre permettant aux utilisateurs de s’affranchir des tiers de confiance centralisés et de bénéficier d’échanges directs grâce à un réseau distribué. Contrairement aux réseaux classiques, où les données sont stockées et contrôlées de manière centralisée, les réseaux distribués répartissent les informations sur une multitude de nœuds. Chaque nœud dispose d’une copie complète de la blockchain et doit l’actualiser en y ajoutant les nouveaux blocs validés. Et pour éviter toute manipulation, les données sont enregistrées sur la blockchain. Cette dernière étant inaltérable, personne ne peut modifier ses données de quelque manière que ce soit.

Cependant, une question se pose alors : d’où vient ce réseau de nœuds indépendants, et qu’est-ce qui pousse chacun d’entre eux à contribuer au système ?

Chapitre 3 :

C’est l’argent qui dirige le Monde

« Pour le numérique et les cryptos comme pour le reste, tout est toujours une question d’argent. »

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