Cryptos unchained

Chapitre 5

Chapitre 5 : L’essor des applications décentralisées (DApps)

Chapitre 5 :

L’essor des applications décentralisées (DApps)

Nous connaissons tous les applications classiques installées sur nos smartphones. En revanche, peu de gens savent qu’il existe aussi des applications décentralisées (ou DApps) dans l’écosystème des crypto-actifs.

Les applis que nous utilisons au quotidien s’articulent notamment autour des services bancaires, de la messagerie ou des réseaux sociaux. Les DApps fonctionnent sur le même principe : elles offrent également une large palette de services. Cependant, au lieu de reposer sur un système d’exploitation comme Android ou iOS, les DApps s’appuient sur une blockchain.

Ce modèle attire de nombreux développeurs, car les DApps sont relativement simples à lancer. Tout comme il est bien plus simple de créer une application sur un système d’exploitation actuel plutôt que de concevoir un téléphone de A à Z, il est aussi beaucoup plus facile de lancer une DApp. En effet, elle repose sur une infrastructure déjà en place, grâce à la technologie des smart contracts. Et c’est justement cette simplicité qui explique que l’écosystème des crypto-actifs est aujourd’hui largement dominé par cette sous-catégorie.

En résumé, les DApps :

sont construites sur des blockchains existantes ;

utilisent des smart contracts pour exécuter leurs fonctions ;

disposent d’une interface utilisateur, comme les applications que nous utilisons sur nos téléphones.

Elles permettent d’accéder à une large gamme de services de manière sûre, transparente et automatisée. Grâce à elles, les utilisateurs peuvent échanger, conclure des contrats ou interagir sans dépendre d’un tiers centralisé. Le fait que les DApps s’appuient sur des smart contracts inscrits dans une blockchain les rend imperméables à la censure. Cela dit, certains défis liés à la gouvernance persistent.

Les actifs natifs des DApps

Les DApps sont construites sur des blockchains existantes et s’appuient sur les smart contracts pour fonctionner. Dans l’écosystème de la blockchain, elles jouent un rôle comparable à celui des applications mobiles sur nos smartphones. Pour accéder aux services proposés par une DApp, l’utilisateur doit acheter l’actif natif associé. On parle alors de jeton, ou « token ». Cela diffère de l’actif natif d’une blockchain distribuée, qu’on appelle « coin ». Cette distinction introduit une distinction essentielle entre coins et jetons, à laquelle nous nous intéresserons plus loin.

Gouvernance des DApps

Alors que les blockchains distribuées reposent sur un modèle de gouvernance clair, assuré par un réseau ouvert de nœuds indépendants, les DApps présentent souvent une gouvernance plus centralisée et peu régulée. Bien qu’elles fonctionnent sur des blockchains décentralisées, elles ne bénéficient pas toujours d’un mode de gouvernance démocratique. En réalité, tout dépend de la personne (ou de l’équipe) à l’origine du smart contract. Autrement dit, les DApps sont gouvernées par les smart contracts qui les font fonctionner, et ceux-ci sont bien souvent contrôlés par un petit groupe de développeurs. Dans les faits, de nombreuses DApps ont centralisé les capacités décisionnelles sur des sujets clés comme les mises à jour, les frais appliqués ou les règles de gouvernance.

C’est dans cette région de l’écosystème des crypto-actifs que se concentrent la majorité des arnaques. Les développeurs de DApps peuvent surémettre leur actif natif, c’est-à-dire générer davantage de jetons que prévu. Résultat : les utilisateurs qui en détiennent déjà voient la valeur de leur investissement chuter en raison de cette dilution. Dans certains cas, la surémission est telle que le jeton finit par ne plus rien valoir. Pendant que les utilisateurs encaissent leurs pertes, les développeurs, eux, peuvent générer des profits en vendant les jetons émis. Et dans un univers si peu régulé, rien ne les empêche de quitter le projet du jour au lendemain, sans aucune obligation ni responsabilité vis-à-vis de leur communauté.

La centralisation des plateformes de DApps

La majorité des applications que nous utilisons dépendent d’iOS ou d’Android. C’est également le cas dans le monde des cryptos : près de 90 % des DApps sont hébergées sur deux blockchains, Ethereum et Binance. En d’autres termes, si la blockchain sous-jacente rencontre un problème ou disparaît, la DApp qui en dépend suivra.

Coins et jetons : quelle différence ?

Revenons en arrière. Pour bien comprendre la place qu’occupent les DApps dans l’écosystème, il est essentiel de distinguer les deux grandes catégories de crypto-actifs : les coins et les jetons.

Chapitre 6 :

Pile ou face ? Les coins et les jetons

Il existe une différence essentielle entre les pièces et les jetons qui détermine leur fonctionnement.

Lire le chapitre 6