La toute première apparition du mot « Bitcoin » dans cette acception

Chapitre 6 :
Pile ou face ? Les coins et les jetons
Il existe une différence essentielle entre les pièces et les jetons qui détermine leur fonctionnement.
On distingue deux grandes familles de crypto-actifs : les coins et les jetons. Cette classification repose sur des critères technologiques, autrement dit sur la manière dont ces actifs s’appuient sur la technologie de la blockchain.
La différence entre les deux est essentielle, car elle conditionne leur fonctionnement.
Cette distinction entre coins et jetons ne se limite pas à leur fonctionnement technique, elle implique également des compromis importants pour les acteurs du marché.
Complément d’information sur les coins
Les coins sont la première forme de crypto-actifs à avoir vu le jour. Leur création est complexe : elle nécessite non seulement d’écrire un code source complet, mais aussi de rassembler une communauté suffisamment large pour faire émerger un véritable réseau distribué. On distingue trois grandes sous-catégories de coins : les crypto-monnaies, les crypto-actifs de service et les plateformes de smart contracts.
Les crypto-monnaies (le Bitcoin étant l’exemple le plus emblématique) appartiennent à la première catégorie de crypto-actifs ayant vu le jour. Comme mentionné plus haut, elles occupent une place à part dans l’écosystème, puisque le mécanisme d’incitation pour les nœuds et le service rendu aux utilisateurs se confondent. Il s’agit donc d’un système de paiement.
Les crypto-actifs de service élargissent quant à eux le champ d’action de cette classe d’actifs émergente en proposant des services plus variés. Nous avons vu précédemment l’exemple de Filecoin, qui propose un service de stockage dans le cloud. Ici, les nœuds ne valident pas des transactions, mais mettent à disposition des capacités de stockage, en échange de l’actif natif de Filecoin. Cet exemple illustre bien la différence entre le mécanisme d’incitation (le paiement) et le service proposé (le stockage).
Enfin, les plateformes de smart contracts ont largement élargi le champ des possibles dans l’écosystème des crypto-actifs. Elles permettent aux utilisateurs de réaliser des transactions, d’interagir et de conclure des accords librement.
Cette dernière sous-catégorie a joué un rôle central dans le développement de l’écosystème ces dix dernières années. Depuis l’arrivée des smart contracts, les développeurs n’ont plus besoin (dans la plupart des cas) de créer une nouvelle blockchain : il suffit bien souvent de s’appuyer sur l’infrastructure d’un crypto-actif existant. Résultat : le nombre de jetons a explosé, et ils représentent aujourd’hui la grande majorité des crypto-actifs échangés sur le marché.
Complément d’information sur les jetons
On distingue deux grandes sous-catégories de jetons : les DApps et les actifs tokenisés. Côté DApps, il faut également distinguer deux types de jetons : les jetons utilitaires et les jetons de gouvernance. Les jetons utilitaires s’apparentent à un ticket d’entrée pour accéder à un service donné, comme un billet pour un événement. Les jetons de gouvernance, quant à eux, représentent une forme de droit de propriété sur l’infrastructure de cette application. Alors que les jetons utilitaires sont « consommés » pour accéder au service, les jetons de gouvernance permettent à leurs détenteurs de prendre part aux décisions liées à l’évolution du projet. Cela dit, à la différence d’actions traditionnelles, ces jetons ne sont pas régulés. Par conséquent, les droits de vote qu’ils confèrent sont souvent flous.
Les actifs tokenisés représentent une créance sur un autre actif. En d’autres termes, il est possible de tokeniser la propriété de n’importe quel actif, qu’il soit crypto ou traditionnel. On distingue deux catégories : les jetons fongibles et les jetons non fongibles. Cela dépend du caractère unique (ou non) de l’actif tokénisé.
L’exemple le plus emblématique de jeton fongible est le stablecoin Tether. D’un point de vue technologique, il s’agit bien d’un jeton et non d’un coin, mais le terme de « stablecoin » s’est imposé pour désigner ce type de jeton. Les stablecoins représentent une créance à parité fixe (1 pour 1) sur une monnaie fiduciaire sous-jacente, en général le dollar américain. Ils sont censés offrir deux avantages majeurs : un transfert instantané partout dans le monde et un accès à des produits ou services uniquement disponibles aux détenteurs de crypto-actifs ou de monnaies traditionnelles (comme certaines plateformes de trading). En représentant une créance sur un actif du monde réel, les jetons fongibles créent un pont entre l’univers des crypto-actifs et la finance traditionnelle. Il est d’ailleurs presque ironique de constater que ce qui est perçu comme la composante la plus « stable » de l’écosystème crypto constitue en réalité un canal potentiel de contagion… et donc un risque réglementaire.
Enfin, les jetons non fongibles (NFT) permettent quant à eux de détenir la propriété d’un actif numérique unique et indivisible (comme la Joconde). Bien que les NFT fassent ponctuellement l’objet d’engouements médiatiques ou spéculatifs, leur potentiel réel semble encore largement inexploité. Les passionnés du secteur explorent actuellement la possibilité de traiter les achats intégrés dans les applications ou les jeux vidéo sous forme de NFT. Une telle approche permettrait non seulement d’identifier de manière unique chaque objet numérique, mais aussi d’ouvrir la voie à des marchés secondaires ou à des plateformes de prêt dans l’univers du gaming.
Coins
Crypto-monnaies
Infrastructure crypto-assets
Service crypto-assets
Infrastructure crypto-assets
Plateforme Smart contract
Tokens
Distributed Apps
Assets tokenizés
Utility tokens
Tokens de gouvernance
Tokens fongibles
Tokens non-fongibles
En résumé, les coins et les jetons constituent les deux grandes familles de crypto-actifs :

Chapitre 7 :
Risques et arnaques
Si l’univers des cryptos regorge d’opportunités, cette classe d’actifs émergente reste également sujette aux arnaques et aux risques.











